État des milieux

État des milieux

 
 

Dans le cadre du suivi post-accidentel consécutif à l’incendie du 26 septembre 2019 survenu sur les sites de Lubrizol France et NL Logistique à Rouen, une série d'analyses a été prescrite sur des prélèvements de sols et de végétaux dans 111 communes de la Seine-Maritime et 104 communes des Hauts-de-France. L'interprétation des résultats de ces analyses constitue « l’interprétation de l'état des milieux » ou IEM. L’objectif premier de cette étude est d’apporter une réponse sur le caractère acceptable ou non des niveaux d’exposition des publics jeunes et adultes aux pollutions qui seraient éventuellement mises en évidence, qu’elles soient liées à l’incendie ou à des pollutions pré-existantes (dites pollutions historiques, et donc sans lien avec l’incendie), dans un large périmètre concerné par le panache issu de l’incendie. Pour le département de la Seine-Maritime, cela représente un total de 111 communes réparties depuis Rouen jusqu’aux communes limitrophes des départements de l’Oise et de la Somme. L’IEM a été établie sur la base d’une méthodologie et des hypothèses définies en accord avec les services de l’État compétents et est basée sur un diagnostic des sols et des végétaux. Cette étude de la qualité de sols et des végétaux (herbe, fruits et légumes, cultures) est à la charge des exploitants (Lubrizol et NL Logistique).

  • La phase 0 de cette étude a concerné 17 communes, soit 29 points de prélèvements réalisés sous le panache et 6 points hors panache (afin d’établir un bruit de fond local) (phase 0 terminée - résultats ci-dessous)
      
  • La phase 1 de cette étude a concerné 23 communes autour de Rouen (soit un total de 206 points de prélèvements) (phase 1 terminée - résultats ci-dessous)
      
  • Divisée en 2 parties (la partie Seine-Maritime et la partie Hauts-de-France), la phase 2 consiste à analyser de manière systématique les sols et végétaux des 192 communes restantes (dont 111 en Seine-Maritime) (phase 2 terminée - résultats ci-dessous).
      

Phase 0 de l’analyse de l’état des milieux

La société LUBRIZOL a missionné BURGEAP pour la réalisation d’une première phase de prélèvements (nommée phase 0) sur 17 communes. 29 points de prélèvements ont été réalisés sous le panache, et 6 points hors panache (afin d’établir un bruit de fond local).

Les investigations réalisées sur les sols ne mettent pas en évidence un impact significatif sur les communes ayant été survolées par le panache de fumées.

Quelques dépassements du bruit de fond local sont observés en métaux (plomb et mercure) dans l’agglomération de Rouen ayant été survolée par le panache de fumées. Néanmoins, les concentrations dans l’horizon 0-5 et 0-30 sont du même ordre de grandeur voir supérieures dans l’horizon 0-30.

Rapport d'analyses de sols du bureau d'étude BURGEAP mandaté par LUBRIZOL

> RESINO10327-01 LUBRIZOL - phase 0 avec annexes - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 43,40 Mb

  

Phase 1 de l’analyse de l’état des milieux : analyses de sols et de végétaux dans 23 communes à la suite de l’incendie du 26 septembre 2019 à Rouen.

La phase 1 de cette étude concernait 23 communes autour de Rouen, soit 177 points de prélèvement qui s’ajoutent aux 29 de la phase 0, soit un total de 206 points de prélèvements avec 2 prélèvements par point : un en surface dans l’horizon 0-5cm et un plus profond dans l’horizon 0-30cm. Les sols concernés étaient à la fois des sols de zones récréatives (stades, parcs) et des sols à usage alimentaire (potagers, champs cultivés).

Cette étude permet à la fois de connaître le taux d’imprégnation d’éventuels polluants dans les sols et les végétaux non lavés et également d’établir leur compatibilité avec les usages actuels.

A l’issue de l’interprétation de l’état des milieux, les sols et les végétaux (non lavés) sont classées en 3 catégories :

  • compatibilité des usages : L’état des sols et des végétaux non lavés est compatible avec les usages.
      
  • vulnérabilité des usages : Zone d’incertitude rendant nécessaires des mesures simples de gestion des sols et des végétaux non lavés (lavage des fruits et légumes avant consommation par exemple).
      
  • incompatibilité des usages : L’état des sols et des végétaux non lavés n’est pas compatible avec les usages.

L’interprétation de l’état des milieux pour le périmètre de la phase 1, qui concerne les zones de plus fortes retombées le jour de l’incendie, ne met en évidence aucune incompatibilité d’usage. Pour 13 points, une vulnérabilité correspondant à un scénario d’exposition majorant (c’est-à-dire en cas d’ingestion directe et significative de terre) est détectée pour le plomb et/ou le benzo(a)pyrène (un hydrocarbure de type HAP).

La contribution de l’incendie du 26 septembre 2019 aux pollutions au plomb est exclue par l’étude car le plomb n’était pas présent dans les produits de combustion. Il s’agit de la trace de pollutions anciennes dans et autour de Rouen, très probablement liées à l’histoire industrielle de ce secteur.

L’interprétation de l’état des milieux ne permet pas de distinguer l’origine et l’ancienneté des pollutions au benzo(a)pyrène mises en évidence. Elle ne permet donc pas, à elle seule, de savoir si l’incendie du 26 septembre 2019 est la cause de détérioration au benzo(a)pyrène de l’état de certains sols et végétaux. Le rapport de cette phase 1 suggère, sur la base de la comparaison des concentrations respectives dans les horizons de sols 0-5 cm et 0-30 cm, qu’il n’y a pas de lien entre l’incendie du 26 septembre 2019 et la pollution au benzo(a)pyrène de sols superficiels. Cette analyse est toutefois à compléter à la lumière de l’ensemble des résultats dans toutes les matrices lorsque tous les résultats d’analyses, notamment ceux de la phase 2, seront disponibles.

Cette phase 1 sera en effet complétée par une phase 2. Au total, les prélèvements et analyses concerneront 215 communes des départements de Seine-Maritime, Aisne, Nord, Oise et Somme. L’interprétation des résultats sera alors encore améliorée, permettant d’obtenir un rapport définitif pour cette interprétation de l’état des milieux

Rapport - Interprétation de l'État des Milieux (IEM) – phase 1

> FRLUBRO006M1.2_IEM Phase 1 - format : PDF sauvegarder le fichiersauvegarder le fichier - 3,13 Mb

  

Phase 2 de l’analyse de l’état des milieux : analyses de sols et de végétaux dans 111 communes du département de la Seine-Maritime et 104 communes des Hauts-de-France à la suite de l’incendie du 26 septembre 2019 à Rouen

 

Les résultats analysés dans les rapports définitifs et consolidés mettent en évidence aucune incompatibilité d'usage et vulnérabilité liées à l’incendie du 26 septembre 2019.

La synthèse et les deux rapports ci-dessous apportent des précisions supplémentaires :